1/ Le fonctionnement de base des sociétés émiraties
Les Mainland Company (Onshore)
- entreprise « continentale »
- enregistrée auprès du Department of Economic Development (DED) d’un émirat
- peut exercer partout aux Émirats, y compris avec le marché local
- accès sans restriction aux contrats gouvernementaux et au territoire émirati
Les Offshore Company
- structure de détention, holding, optimisation fiscale, facturation internationale, etc.
- ne peut ni embaucher localement, ni louer de bureaux physiques aux EAU
Les Freezone de Dubaï
- en zone franche
- une société opaque (fiscalement parlant)
- avec zéro impôt sur les bénéfices (sous conditions)
Avantages :
- 100 % de propriété étrangère autorisée
- Exonération fiscale (sous conditions, surtout si pas de commerce local)
- Pas besoin de partenaire local
- Possibilité de demander des visas pour les associés/employés
2/ La fiscalité aux Émirats
Impôt sur les bénéfices :
- 0 % < 375 000 AED
- 9 % > 375 000 AED
* 375 000 AED (Dirham des Émirats arabes unis) = 90 000€
Imposition des dividendes :
- Les dividendes et autres distributions de bénéfices reçus de résidents sont exonérés de l’impôt
Imposition sur les plus-values :
- Les plus-values sont imposées au taux de l’impôt sur les sociétés en vigueur
Fiscalité des particuliers :
- Il n’y a pas d’impôt sur le revenu des particuliers
3/ Créer une société à Dubaï en étant résident fiscal français
La fiscalité ?
En tant que résident fiscal français, les dividendes étrangers sont imposés comme les dividendes français, à savoir :
= flat tax de 30 % :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu
- 17,2 % de prélèvements sociaux
→ Très peu d’optimisation fiscale donc…
Attention à la notion d’établissement stable
« Au sens des conventions fiscales internationales, un établissement stable c’est :
- un siège de direction, une succursale, un bureau, une usine,
- un atelier, une mine, un puits de pétrole ou de gaz, une carrière ou tout autre lieu d’extraction de ressources naturelles
- une ferme ou une plantation
- etc. »
→ un établissement stable est imposé dans le pays dans lequel il est incorporé
« Si un agent agit pour le compte d’une entreprise et dispose de pouvoirs lui permettant de conclure des contrats au nom de
l’entreprise…cette entreprise est considérée comme ayant un établissement stable dans cet État »
→ Vous serez vous-même considéré établissement stable
→ Votre activité devra être imposée au même titre qu’une société classique : TVA, IS, Dividendes, etc.
→ Aucune optimisation fiscale donc ! Pour faire simple…
Attention à la notion de substance économique
« La substance économique, c’est le fait qu’une société ne soit pas juste une coquille vide sur le papier, mais qu’elle existe réellement et exerce une activité réelle dans le pays où elle est enregistrée.
Concrètement, cela peut être :
- un bureau réel (pas seulement une boîte postale)
- des employés ou des dirigeants (actifs sur place)
- des dépenses locales (salaires, loyers, prestataires…)
- une activité effective (clients, contrats, gestion…)
etc.
4/ La clause anti-abus de la convention fiscale des émirats
Article 19 : Dispositions pour éliminer les doubles impositions en ce qui concerne la France
Il y a surtout une clause spécifique « anti abus »
- dans la convention fiscale entre la France et les Émirats arabes unis
Dès que vous déclenchez les conditions du droit interne français (4B du CGI)
Pour faire simple, si tu as en France :
- ton foyer ou le lieu de leur séjour principal
- ou ton activité professionnelle principale
- ou le centre de tes intérêts économiques
Tu prends le risque d’être imposé sur tous tes revenus en France
→ car la convention fiscale ne s’appliquera plus
Le montage société à Dubaï + résident fiscal français et donc très fragile
→ c’est pour ça que je ne le conseille pas et qu’on ne l’utilise pas en optimisation fiscale 😉
5/ Que faire et mon avis
Couper les ponts avec la France
- éviter les allers-retours en France
- éviter ses liens (perso, pro, placements, etc.) avec la France
6/ La stratégie que j’utilise
J’utilise personnellement une autre stratégie
→ Une solution hybride, avec des sociétés opaques ou classiques fiscalement parlant :
- l’impôt sur les bénéfices : n’y est que de 15 ou 3 %
- il n’y a aucune imposition sur les plus-values : ni de cessions, ni de placements (ETF, obligations, cryptos, actions, etc.)
- et 0 % d’impôts sur les dividendes : ou 5 % seulement en étant résident fiscal français
→ Bilan ?
- je paye mon IS de 15 % ou de 3 %
- je ne paye aucun impôt sur mes plus-values
- et je paye mes dividendes uniquement là où je serais résident fiscal
« Ce qui fait une taxation totale entre 3% et 19%, et ce peu importe où je suis dans le monde 😉 »
🔔 Ceci n’est pas adapté, ni à tout le monde, ni à toutes les activités
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Pour aller plus loin : les guides Quarma sur l’optimisation fiscale internationale
Les décisions fiscales prennent tout leur sens dans un cadre stratégique global. Voici les guides Quarma qui complètent cet article et couvrent l’ensemble des sujets clés pour un entrepreneur français en 2026.
Le pilier Maurice — la destination fiscale n°1 pour entrepreneurs français en 2026
Sur les 100+ dossiers d’expatriation fiscale accompagnés depuis 2019, plus de 90 % de nos clients qui s’expatrient choisissent Maurice. Ce n’est pas idéologique — c’est mathématique. Le régime GBC (Global Business Company) permet d’atteindre 3 % effectif d’impôt société grâce au Foreign Tax Credit présumé de 80 %, la convention France-Maurice signée en 1980 contient une clause de tax sparing 5 % unique au monde, et l’article 13 exonère les plus-values mobilières à 0 %.
- Maurice pour entrepreneur français : le guide complet 2026 (PILIER)
- GBC à Maurice : guide complet (création, coûts, obligations)
- Convention fiscale France-Maurice : le guide décrypté
- Fiscalité société Maurice : le 15 % → 3 % expliqué
- GBC vs Authorised vs Domestic : la matrice de décision
Comparatifs et alternatives fiscales 2026
Chaque destination a son profil idéal. Dubaï pour les célibataires HNW, Portugal IFICI pour les profils tech, Andorre pour les freelances < 200 k€, Maurice pour les familles avec patrimoine à transmettre.
- Maurice vs Dubaï : le vrai comparatif 2026
- Turquie : 20 ans à 0 % d’impôt (loi 7582)
- Exit tax 2026 : qui est vraiment concerné
- Article 4B CGI : les 4 critères de résidence fiscale française
- Substance économique : les 5 règles pour ne pas être requalifié
Mise à jour 2026 : ce qui a changé
La fiscalité internationale évolue vite. Voici les changements majeurs à connaître pour 2026 :
- Loi turque 7582 : 20 ans à 0 % d’impôt sur revenus étrangers (mai 2026)
- Portugal IFICI : le nouveau régime post-NHR à 20 % flat sur 10 ans
- Convention BEPS multilatérale : le Principal Purpose Test permet désormais aux administrations de refuser l’application des conventions en cas d’abus caractérisé
- CARF (Crypto-Asset Reporting Framework) : échange automatique d’informations sur les avoirs crypto à partir de 2026-2027
- DAC8 : la directive européenne étend l’échange automatique aux plateformes crypto
- Maurice : le régime GBC à 3 % effectif reste stable et défendu par le gouvernement mauricien à l’OCDE
Le message clé : les régimes fiscaux avantageux existent toujours, mais ils exigent désormais une substance économique réelle et une vraie résidence fiscale — plus de coquilles offshore possibles.
FAQ rapide
Est-ce que ces stratégies sont légales ?
Oui, à condition de respecter les règles de résidence fiscale, de substance économique et de déclaration. La différence entre l’optimisation (légale) et l’évasion (illégale) tient au respect des critères de fond.
À partir de quel niveau de revenus l’expatriation devient rentable ?
Pour Maurice : environ 200 k€ de CA annuel (setup + substance = 30-60 k€/an). Pour Andorre : 100 k€. Pour Dubaï : 300 k€+ pour amortir le coût de la vie familial. En dessous, l’optimisation française reste souvent plus efficace.
Combien de temps prend un déménagement fiscal complet ?
Compter 6 à 12 mois entre la décision et la résidence fiscale opérationnelle. L’anticipation exit tax (si concerné) demande 6+ mois de préparation.


