La vérité sur l’expatriation fiscale (et les 4 règles pour ne plus être résident fiscal français)

La vérité sur l’expatriation fiscale (et les 4 règles pour ne plus être résident fiscal français)

I – Comment fonctionne la fiscalité française et internationale ? 

1/ Quel est l’intérêt de savoir ça ? 

Domicile fiscal en France

  • imposition des revenus de source française et étrangère
  • obligations fiscales illimitées (sauf convention fiscale applicable)

Domicile fiscal non établi en France

  • imposition sur le revenu sur ses seuls revenus de source française

*Article 4A du Code général des impôts (CGI)

2/ Le conflit de résidence fiscale 

Un conflit de résidence fiscale se produit

  • lorsqu’une personne physique ou morale
  • peut être considérée comme “résidente fiscale” dans 2 pays différents en même temps

3/ La primauté des conventions fiscales internationales 

C’est le fait que les conventions fiscales signées entre 2 pays priment sur les lois fiscales nationales

  • Autrement dit : Si une convention existe entre la France et un autre pays, c’est elle qui s’applique en premier, avant les règles fiscales françaises classiques

À quoi ça sert ?

  • Éviter la double imposition (payer deux fois des impôts sur les mêmes revenus)
  • Définir où tu es résident fiscal en cas de doute
  • Organiser le partage du droit d’imposer entre les 2 États

II – Le droit interne français et les conventions fiscales 

1/ L’ Article 4B du Code général des impôts (CGI)

  • 1/ Foyer, lieu de séjour principal

On considère que le foyer correspond au lieu où le contribuable habite normalement, son lieu de résidence habituelle et présentant un caractère permanent

  • 2/ Activité professionnelle

L’activité est considérée comme principale si le contribuable y passe la majeure partie de son temps effectif

  • 3/ Centre de leurs intérêts économiques

Pour remplir ce critère, il faut que le contribuable possède sur le territoire français la majorité de son patrimoine productif de revenus

Le Conseil d’État a estimé qu’il s’agit de critères alternatifs et qu’ils doivent être analysés successivement dans cet ordre

  • 1/ les critères personnels l’emportent sur
  • 2/ les critères professionnels, qui l’emportent eux-mêmes sur
  • 3/ les critères économiques

Le fait que les critères soient alternatifs signifie qu’il suffit qu’un seul de ces critères soit rempli pour qu’une personne soit domiciliée fiscalement en France

2/ La France et les conventions fiscales internationales 

La France a signé + de 120 conventions fiscales bilatérales avec des pays du monde entier

  • Ce qui en fait l’un des pays ayant le réseau de conventions fiscales le plus dense et étendu au monde (avec celui du Royaume-Uni)

III – Que disent ces conventions fiscales ? 

1/ Le modèle OCDE : la base de toutes les conventions modernes

L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a créé un modèle de convention fiscale qui sert de référence mondiale

  • Plus de 100 pays l’utilisent comme base pour rédiger leurs propres accords bilatéraux

Ce modèle OCDE contient :

  • Des articles standards pour chaque type de revenu (salaires, dividendes, plus-values, immobilier, pensions, etc.)
  • Des règles de « tie-breaker » pour trancher en cas de double résidence fiscale
  • Des règles d’échange d’informations et de non-discrimination

2/ Les 4 critères primordiaux 

1/ 🏠 Tu es résident fiscal du pays où tu disposes d’un foyer d’habitation permanent

2/ ⏱️ Tu es résident fiscal de l’État où tu séjournes de façon habituelle

3/ 🪪 Tu seras résident fiscal l’État dont tu possèdes la nationalité

4/ 🤝🏼 Alors les autorités compétentes des 2 États tranchent d’un commun accord

IV – Mes recommandations 

1/ ⚠️ Le Mythe des 183 jours / Et de la Non-Résidence 

D’où l’intérêt de bien planifier

  • son expatriation
  • la gestion de ce « conflit »
  • et la mise en place d’une nouvelle résidence fiscale 😉

2/ 📑 Le formulaire 2042 NR 

Quand remplir le formulaire 2042 NR ?

Cette déclaration est à remplir

  • en cas de départ à l’étranger ou avant un retour en France
  • durant l’année civile dès lors que des revenus de source française ont été perçus après le départ à l’étranger ou avant le retour en France

3/ Quelques précautions « de bons sens » à prendre

  • Payer des impôts dans le pays dans lequel tu veux être résident fiscal
  • Se déclarer en mairie, à l’ambassade, à tout ce qui concerne les français de l’étranger dans ledit pays, etc.
  • Avoir des abonnements personnels : fibre, téléphone, TV, eau, électricité, loisirs, etc. pour son logement (résidence principale)
  • Demander un titre de propriété, une quittance de loyer, etc. (pas de coloc, pas de sous-location)
  • Passer + de temps dans le pays dans lequel on veut être résident fiscal + que dans le pays dans lequel on ne veut plus être résident

etc.

V – La stratégie que j’utilise ? 

→ Une solution hybride, avec des sociétés opaques ou classiques fiscalement parlant :

  • l’impôt sur les bénéfices : n’y est que de 15 ou 3 %
  • il n’y a aucune imposition sur les plus-values : ni de cessions, ni de placements (ETF, obligations, cryptos, actions, etc.)
  • et 0 % d’impôts sur les dividendes : ou 5 % seulement en étant résident fiscal français

→ Bilan ?

  • je paye mon IS de 15 % ou de 3 %
  • je ne paye aucun impôt sur mes plus-values
  • et je paye mes dividendes uniquement là où je serais résident fiscal

« Ce qui fait une taxation totale entre 3% et 19%, et ce peu importe où je suis dans le monde 😉 »

🔔 Ceci n’est pas adapté, ni à tout le monde, ni à toutes les activités

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