Si tu détiens un compte-titres en France, ta banque t’envoie chaque année un Imprimé Fiscal Unique (IFU) qui pré-remplit ta déclaration. Pour tes dividendes étrangers, ce confort disparaît : pas d’IFU automatique, déclaration manuelle, pièges à chaque étape. Et en 2026, avec l’arrivée de DAC8 et de CARF, l’administration croise désormais les sources automatiquement — l’oubli devient un signal fort.
Cet article détaille comment déclarer correctement des revenus étrangers en 2026, quels formulaires utiliser, comment activer le crédit d’impôt conventionnel, et les 6 erreurs qui coûtent.
Pourquoi pas d’IFU pour les revenus étrangers
L’IFU est généré uniquement par les établissements payeurs français (banques, courtiers, sociétés de bourse, sociétés de gestion) qui détiennent les titres et versent les revenus. Pour un compte-titres au Luxembourg, une assurance-vie suisse, une participation dans une société étrangère, des dividendes versés directement par une filiale étrangère : aucun IFU n’est généré.
C’est à toi de remplir manuellement les formulaires correspondants.
Les 3 formulaires obligatoires
Formulaire 2042
Déclaration principale des revenus. Pour les revenus étrangers :
- Case 2DC : dividendes éligibles à l’abattement de 40 % (si tu optes pour le barème progressif)
- Case 2DH : autres revenus de capitaux mobiliers étrangers
- Case 2TR : intérêts et produits assimilés étrangers
- Case 8TK : crédit d’impôt conventionnel correspondant à la retenue à la source étrangère
- Case 8UU : comptes financiers détenus à l’étranger (à cocher en lien avec le 3916)
Formulaire 2047 — Déclaration des revenus encaissés à l’étranger
C’est le formulaire détaillé qui ventile par pays et par catégorie de revenu. À remplir en plus de la 2042. Il contient :
- Le pays source du revenu
- Le montant brut (avant retenue à la source)
- Le montant net effectivement reçu
- La retenue à la source supportée
- Le taux conventionnel applicable
- Le crédit d’impôt revendiqué
Formulaire 3916-bis — Comptes à l’étranger
À part de la déclaration de revenus, tu dois déclarer chaque compte bancaire, compte-titres ou compte d’actifs numériques détenu à l’étranger. Une fiche par compte.
→ Pour le crypto : les pièges du 3916-bis
Le mécanisme du crédit d’impôt conventionnel
Quand une retenue à la source a été appliquée dans le pays étranger (par exemple 5 % à Maurice via la convention), tu n’es pas imposé deux fois. La France applique un crédit d’impôt égal à la retenue conventionnelle.
Exemple chiffré pour 10 000 € de dividendes versés par une société mauricienne (convention France-Maurice, participation > 10 %, taux conventionnel 5 %) :
| Étape | Montant |
|---|---|
| Dividende brut | 10 000 € |
| Retenue à la source Maurice (5 %) | 500 € |
| Net reçu | 9 500 € |
| PFU France (30 % sur le brut) | 3 000 € |
| Crédit d’impôt conventionnel (case 8TK) | − 500 € |
| IR à payer en France | 2 500 € |
| Net final après tout impôt | 7 000 € |
Sans la déclaration du crédit d’impôt (oubli case 8TK), tu paierais 3 000 € à la France + 500 € de retenue = 3 500 € au lieu de 3 000 €. Soit 500 € de surcoût par 10 000 € de dividendes, juste pour une case non cochée.
Les 6 erreurs qui coûtent
Erreur 1 — Ne déclarer que le net reçu
Tu déclares 9 500 € parce que c’est ce que tu as touché. Faux : tu dois déclarer le brut (10 000 €) + revendiquer le crédit d’impôt sur la retenue. Sinon double impôt.
Erreur 2 — Mauvais taux de change
Les revenus en USD ou autres devises doivent être convertis en EUR au taux de change du jour de versement, pas au taux moyen annuel. Les écarts de change peuvent générer des revenus imposables additionnels (gains de change) ou pas.
Erreur 3 — Oublier le formulaire 2047
Reporter directement sur la 2042 sans remplir la 2047 = déclaration incomplète. La DGFiP peut demander un complément, et en cas de retenue à la source, refuser le crédit d’impôt si la 2047 n’est pas correctement remplie.
Erreur 4 — Confondre crédit d’impôt et déduction
La retenue à la source étrangère est un crédit d’impôt (imputé sur l’IR à payer) — pas une charge déductible (qui réduirait la base imposable). Erreur fréquente qui change le calcul.
Erreur 5 — Crédit d’impôt supérieur au taux conventionnel
Si le pays source a retenu 25 % alors que la convention prévoit 5 %, le crédit d’impôt français est limité au taux conventionnel (5 %), pas au taux effectivement retenu (25 %). La différence (20 %) doit être demandée en remboursement auprès du fisc du pays source — pas auprès de la France.
Erreur 6 — Ne pas cocher la 8UU et oublier le 3916-bis
Les revenus encaissés sur un compte étranger non déclaré → double sanction : amende 3916-bis (750 à 10 000 € par compte) + délai de reprise allongé à 10 ans + suspicion automatique de fraude.
→ Lire : les pièges du formulaire 3916-bis
Nouveauté 2026 — Le croisement automatique
Depuis le 1er janvier 2026, deux dispositifs majeurs renforcent le contrôle :
- DAC8 / CARF sur les revenus crypto (échange automatique depuis 2027)
- CRS sur les comptes bancaires et titres (déjà actif depuis 2017, élargissement continu)
Concrètement : la DGFiP reçoit déjà automatiquement les soldes et flux annuels de tes comptes étrangers (CRS), et recevra dès 2027 les détails crypto (CARF). Toute discordance entre ce qu’elle reçoit et ce que tu déclares déclenche un signalement.
Conséquence : déclarer correctement n’est plus une option. Le fisc connaît déjà tes montants. Le rôle de la déclaration devient prouver la cohérence et activer les crédits d’impôt — pas masquer.
→ Calendrier CARF et DAC8 2026-2028
Ce qu’il faut retenir
La déclaration de revenus étrangers en France suit une mécanique précise mais accessible :
- Déclarer le brut (avant retenue) sur la 2042 + 2047
- Activer le crédit d’impôt conventionnel case 8TK
- Déclarer les comptes en 3916-bis
- Conserver les justificatifs de retenue à la source pour pouvoir les produire en cas de contrôle
L’erreur qui coûte le plus, ce n’est plus la fraude. C’est la négligence procédurale qui annule le crédit d’impôt et te fait payer deux fois.
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💡 L’alternative qu’on utilise pour 90 % de nos clients : la Domestic Company mauricienne
La GBC (Global Business Company) est régulièrement présentée comme la seule option pour créer sa société à Maurice. Ce n’est pas vrai. Chez Quarma, 90 % des dossiers que nous accompagnons passent par une Domestic Company — une structure beaucoup plus légère, radicalement moins chère, et souvent tout aussi efficace fiscalement pour un résident mauricien.
Ce que dit vraiment la Domestic Company en 2026
- IS société : 15 % sur les bénéfices
- Plus-values mobilières (actions, ETF, crypto, obligations) : 0 %
- Plus-values de cession de titres/société : 0 %
- Dividendes distribués aux associés : 0 % de retenue à la source
- Coût annuel de fonctionnement : environ 4 000 €/an (vs 30 à 60 k€/an pour une GBC « propre »)
- Substance : très légère (aucune licence FSC, aucun employé local obligatoire)
- Résidence fiscale mauricienne : oui, la Domestic Company est résidente à Maurice → convention France-Maurice pleinement applicable (tax sparing 5 %, article 13, article 22)
Pourquoi la Domestic Company bat la GBC dans 9 dossiers sur 10
Sur un bénéfice de 200 000 € (cas typique de nos clients) :
- GBC : 6 000 € d’IS (3 %) + 45 000 € de substance obligatoire = 51 000 €/an
- Domestic Company : 30 000 € d’IS (15 %) + 3 600 € de fonctionnement (formule tout-inclus Quarma) = 34 000 €/an
- Économie Domestic vs GBC : 17 400 €/an
Et surtout : 0 % sur les plus-values mobilières et 0 % de retenue à la source sur les dividendes. Un véhicule patrimonial d’une redoutable efficacité pour investisseurs, entrepreneurs digitaux, e-commerçants, holdings patrimoniales et familles avec patrimoine à transmettre.
Quand la GBC reste supérieure
Uniquement si ton bénéfice imposable dépasse durablement 500 k€/an ou si tu as besoin explicitement du statut de « société internationale régulée » (fonds d’investissement, gestion d’actifs pour tiers…).
Pourquoi peu de cabinets en parlent
La GBC nécessite obligatoirement une Management Company agréée FSC qui facture 5 000 à 10 000 USD/an. Beaucoup de cabinets « d’expatriation » sont eux-mêmes des MC ou en dépendent commercialement. Chez Quarma, nous ne dépendons d’aucune MC externe : notre équipe locale Maurice construit la structure qui est la meilleure pour toi, pas celle qui rapporte le plus à un prestataire externe.
Si tu envisages une société à Maurice, on regarde ta situation en 30 minutes et on te dit laquelle des deux structures est la vraie bonne pour toi.

