Un taux d’imposition à 0 % sur vingt ans, ancré dans une loi publiée au journal officiel turc le 4 juin 2026 : quand la nouvelle a circulé, beaucoup d’entrepreneurs francophones ont conclu que la Turquie venait de devenir leur prochaine résidence fiscale. La réalité est plus nuancée, et elle exclut la majorité des profils qui se reconnaissent dans ce résumé. Le régime fiscal Turquie revenus étrangers existe, il est sérieux, il dure vingt ans — mais le 0 % ne couvre pas ce que la plupart des gens imaginent, et deux conditions d’entrée sont non négociables. Voici ce que la loi dit vraiment, et qui peut réellement en profiter.
Pour entendre Quentin détailler chaque catégorie de revenus couverts, les chiffres exacts et les profils qui correspondent vraiment à ce régime, regarde la vidéo — il le parcourt cas par cas à l’écran.
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- L’impôt sur les bénéfices n’est que de 15 %, 3 %, voire même de 0 %
- Il n’y a aucune imposition sur vos plus-values : ni de cessions, ni de placements (ETF, obligations, cryptos, actions, etc.)
- 0 % d’impôts sur vos dividendes — et 5 % seulement en étant résident fiscal français (grâce à la convention France-Maurice qui accorde un crédit d’impôt de 25 % sur le brut distribué)
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- Vous payez votre IS de 15 %, 3 % ou n’en payez pas du tout (0 %)
- Vous ne payez aucun impôt sur vos plus-values
- Et vos dividendes uniquement là où vous serez résident fiscal
« Une taxation TOTALE entre 0 % et 19 % maximum, et ce peu importe où vous êtes dans le monde. »
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Ceci n’est pas adapté ni à tout le monde, ni à toutes les activités.
La loi 7582 : ce n’est pas un projet, c’est dans le journal officiel
Le dispositif turc n’est pas une promesse de campagne ni un régime en cours de discussion. La loi 7582 a été votée le 21 mai 2026 et est entrée en vigueur le 4 juin 2026, après publication au journal officiel turc. C’est un texte législatif en force, applicable immédiatement.
Ce point mérite d’être posé d’emblée parce que beaucoup de régimes fiscaux attractifs circulent sur les réseaux à l’état de rumeur ou d’annonce gouvernementale sans lendemain. Ici, la base légale est solide. La durée de l’exonération est fixée à vingt ans — c’est plus long que le régime italien des impatriés et plus agressif que ce que le Portugal a proposé ces dernières années, depuis une destination à trois heures de vol de Paris.
Mais une loi sérieuse ne signifie pas une loi universelle. Ce que la loi 7582 exonère est précisément défini, et c’est là que la plupart des analyses s’arrêtent trop tôt.
Ce que le 0 % couvre vraiment — et ce qu’il ne couvre pas
L’exonération ne porte que sur les revenus de sources étrangères. Pas sur l’ensemble de tes revenus, pas sur ton activité en Turquie : uniquement ce qui provient de l’extérieur du pays. La liste est précise :
- Dividendes issus de sociétés étrangères
- Plus-values sur actifs étrangers
- Loyers de biens immobiliers situés hors de Turquie
- Intérêts de comptes ou placements étrangers
- Pensions versées depuis l’étranger
- Revenus d’activité exercée à l’étranger
Si tu génères des revenus en Turquie — une boutique à Istanbul, des clients locaux, une prestation facturée à une société turque — ces revenus sont taxés aux conditions de droit commun : impôt sur les sociétés à 25 %, impôt sur le revenu jusqu’à 40 %. Le « 0 % » que tout le monde cite est donc partiellement faux, et il est dangereux de construire une stratégie sur une version tronquée du texte.
Ce régime est conçu pour quelqu’un dont le business tourne à distance et dont les actifs sont hors Turquie. Pas pour quelqu’un qui cherche à y développer une activité locale tout en bénéficiant d’une fiscalité réduite sur l’ensemble de ses revenus.
Deux avantages que presque personne ne mentionne
Au-delà de l’exonération sur les revenus étrangers, la loi 7582 embarque deux mécanismes qui changent le calcul patrimonial sur le long terme.
Premier mécanisme : la succession et les donations. Normalement taxées jusqu’à 10 % pour les successions et 30 % pour les donations en Turquie, elles tombent à 1 % pendant toute la durée du dispositif, soit vingt ans. Pour un investisseur patrimonial qui structure une transmission sur la décennie à venir, c’est un levier considérable.
Deuxième mécanisme : l’export de services. Si tu vends du logiciel, du SaaS ou de la formation à des clients étrangers depuis la Turquie, le taux de déductibilité de ces revenus passe à 100 % — contre 80 % auparavant — à condition de rapatrier les fonds sur un compte turc avant déclaration. C’est un avantage direct pour les profils digitaux dont l’activité est tournée vers l’international.
Ta situation mérite une vraie stratégie
Le régime turc peut être extrêmement puissant — ou totalement inadapté à ton profil. Tout dépend de la nature de tes revenus, de ta résidence fiscale actuelle, de la structure de ton patrimoine et de tes projets. Un article pose les mécanismes ; un appel permet d’analyser ton cas précis, d’identifier si tu remplis réellement les conditions d’entrée et de construire une stratégie cohérente qui tient face au fisc de ton pays d’origine.
Les deux conditions d’entrée qui excluent la majorité des candidats
C’est ici que la plupart des profils se font éliminer, souvent sans le savoir avant d’avoir commencé les démarches. L’accès au régime fiscal Turquie revenus étrangers repose sur deux conditions cumulatives, non négociables :
- Ne pas avoir été résident fiscal turc au cours des trois dernières années. Si tu as déjà vécu en Turquie récemment, tu es disqualifié d’office.
- Passer 183 jours par an en Turquie. C’est la condition de résidence effective. Elle implique une vraie présence physique, pas un pied-à-terre symbolique.
La deuxième condition est souvent sous-estimée. Beaucoup d’entrepreneurs imaginent pouvoir bénéficier du régime en maintenant leur centre de vie ailleurs. Ce n’est pas possible : 183 jours, c’est plus de six mois par an sur place. Si tu passes la majorité de ton temps en France, en Belgique ou au Canada, tu n’es pas résident fiscal turc, et tu ne peux donc pas accéder à ce régime.
Par ailleurs, devenir résident turc ne résout pas automatiquement la question de ta résidence fiscale d’origine. Si la France considère que tu y maintiens ton foyer d’intérêts économiques ou personnels, elle peut continuer à te réclamer l’impôt — indépendamment de ce que dit la loi turque. C’est un piège classique que le régime turc ne désarme pas seul.
🇹🇷 Quel profil correspond vraiment à ce régime ?
La loi 7582 n’a pas été conçue pour tout le monde. Elle cible un profil précis, et être honnête là-dessus évite des déconvenues coûteuses. Voici les trois configurations qui s’y adaptent naturellement :
- L’entrepreneur dont le business tourne entièrement à distance, avec des clients étrangers, une facturation hors Turquie et aucune dépendance à un marché local. Son activité est déjà structurée pour être exercée depuis n’importe où.
- L’investisseur patrimonial qui détient des actifs étrangers — portefeuille boursier, immobilier hors Turquie, participations dans des sociétés étrangères — et qui cherche à exonérer les revenus que ces actifs génèrent sur une longue période, tout en optimisant la transmission.
- Le futur retraité avec du patrimoine constitué à l’étranger, dont les revenus proviennent de pensions étrangères ou de dividendes de sociétés hors Turquie.
Un cas à part mérite d’être mentionné : le commerce de transit. Si tu achètes en Chine et expédies directement à des clients étrangers sans que la marchandise touche le sol turc, les bénéfices sont déductibles à 95 %, ce qui ramène le taux effectif à 1,25 % (5 % des bénéfices soumis à l’IS à 25 %). Mais trois conditions sont cumulatives : la marchandise ne touche jamais le sol turc, les clients sont des résidents étrangers, et les fonds sont rapatriés sur un compte en Turquie avant déclaration. Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, le taux préférentiel ne s’applique pas.
En revanche, si tu envisages d’ouvrir une activité locale en Turquie — commerce, restaurant, agence, clientèle locale — le régime n’a aucun intérêt particulier pour cette partie de ton activité. Tu seras taxé comme n’importe quelle société turque.
Ce que ce régime change vraiment dans le calcul d’une expatriation fiscale
Le régime fiscal Turquie revenus étrangers est l’un des dispositifs les plus complets actuellement disponibles pour un entrepreneur ou un investisseur patrimonial francophone prêt à s’installer réellement à l’étranger. Vingt ans d’exonération sur les revenus étrangers, une fiscalité successorale ramenée à 1 %, une déductibilité totale sur l’export de services, et un taux effectif à 1,25 % sur le transit : sur le papier, le package est difficile à battre.
Mais ce régime ne pardonne pas les approximations. Les conditions d’entrée sont strictes, le périmètre de l’exonération est précis, et la question de la résidence fiscale d’origine reste entière. Un entrepreneur qui quitte la France sans couper correctement ses liens fiscaux peut se retrouver à payer deux fois — ou à subir un redressement plusieurs années plus tard.
La Turquie peut être une destination sérieuse dans une stratégie d’expatriation fiscale bien construite. Mais « bien construite » est le point de départ, pas la conclusion. Si tu veux savoir si ton profil est éligible et comment sécuriser ta situation, la vidéo ci-dessus est un bon point de départ — et un appel permet d’aller plus loin sur ton cas précis.
