Comment un passeport doré peut se déprécier : Schengen, Londres et Washington ferment déjà les portes de ton plan B d’expatriation

Un entrepreneur français achète un passeport caribéen 200 000 dollars, range le document dans un coffre et se dit tranquille pour vingt ans. Trois ans plus tard, son passeport a perdu l’Europe, le Royaume-Uni et une partie de ses accès américains, sans qu’il ait rien fait de mal. C’est exactement ce qui vient d’arriver aux détenteurs du passeport vanuatuan. Le passeport doré Schengen n’est pas un actif figé : c’est un actif géopolitique, tarifé par la confiance qu’un pays tiers accorde à ton émetteur, et cette confiance peut être retirée du jour au lendemain. Depuis décembre 2025, Bruxelles, Londres et Washington ferment les portes une par une, et ce qui suit te dit lesquelles sont déjà closes, lesquelles tiennent encore et pourquoi la fenêtre actuelle ne se rouvrira pas.

Quentin déroule dans la vidéo la chronologie complète des retraits, programme par programme, et explique pourquoi la fenêtre actuelle ne se rouvrira pas.

Pourquoi un passeport doré Schengen se déprécie comme n’importe quel actif

La valeur d’un passeport ne vient pas du carnet lui-même, elle vient des pays qui acceptent de te laisser entrer sans visa. Autrement dit, tu n’achètes pas un document, tu achètes une position dans un réseau de confiance entre États. Et cette position se cote, monte et descend. Sur les huit programmes de citoyenneté par investissement du marché, la mobilité va d’environ 60 à 65 pays sans visa pour les plus faibles à environ 155 pays pour les plus solides. Ce n’est pas un détail de brochure : c’est un écart de valeur de plus du double entre deux documents vendus dans la même catégorie.

Ce qui a changé récemment, c’est que la dépréciation n’est plus un risque théorique, elle est devenue un mécanisme écrit. Trois choses à retenir avant d’aller plus loin :

  • Depuis décembre 2025, l’existence même d’un programme de passeport doré est un motif officiel de suspension du sans visa Schengen dans le nouveau mécanisme européen. Ce n’est plus une pression diplomatique, c’est une case à cocher.
  • En juin 2026, Bruxelles a posé un ultimatum aux Caraïbes : démantelez vos programmes d’ici juin 2028, ou vos citoyens perdent Schengen. La cible n’est pas le fraudeur, c’est le programme.
  • La sanction frappe collectivement. Tu peux avoir un dossier irréprochable et perdre ton accès parce que ton émetteur, lui, a déplu.

Ce dernier point est celui que la plupart des acheteurs sous-estiment. Et il existe déjà un pays qui en a fait la démonstration complète.

Le Vanuatu, la preuve qu’un passeport peut vraiment être rayé de la carte

Le Vanuatu est le cas d’école, parce qu’il a encaissé la sanction maximale : en février 2025, il est devenu le premier pays de l’histoire définitivement rayé du sans visa Schengen à cause de son programme de citoyenneté. Pas suspendu, pas mis sous surveillance. Rayé. Et ce n’était même pas le premier coup : le Royaume-Uni l’avait déjà lâché en 2023. Résultat, le passeport est tombé à 91 destinations sans visa.

Traduis ça en termes d’investissement. Un acheteur de 2022 a payé le prix fort pour un document qui promettait l’Europe. Trois ans plus tard, il détient un actif amputé de son principal argument commercial, sans recours, sans remboursement et sans possibilité de se retourner contre qui que ce soit. Le Vanuatu a d’ailleurs ajouté sa propre contrainte : depuis juillet 2025, la biométrie se fait obligatoirement en présentiel, notamment à Port-Vila, Dubaï, Hong Kong ou Nouméa. Le passeport qu’on obtenait sans jamais bouger demande désormais un déplacement.

Le Vanuatu montre ce qui arrive au bout de la chaîne. Reste à voir qui est en train d’y entrer, et là le mouvement ne vient plus seulement de Bruxelles.

Londres et Washington n’attendent pas Bruxelles pour fermer

C’est le point que les vendeurs de passeports évitent soigneusement : l’ultimatum européen de 2028 n’est pas le calendrier réel. Le Royaume-Uni et les États-Unis avancent en parallèle, avec leurs propres critères, et ils ont déjà agi. Un programme peut donc perdre la moitié de sa valeur bien avant la date butoir européenne.

Le détail des portes déjà fermées, pays par pays :

  • Sainte-Lucie : sans visa britannique retiré depuis 2026.
  • Dominique : sans visa britannique retiré depuis 2023, restrictions américaines depuis janvier 2026, et retrait obligatoire du passeport sur place depuis juin 2026.
  • Nauru : porte britannique fermée en décembre 2025, 86 destinations sans visa et Schengen jamais obtenu.
  • Antigua-et-Barbuda : visas américains durcis depuis janvier 2026, en citant explicitement les passeports dorés.

Le cas d’Antigua mérite qu’on s’y arrête, parce que Washington a nommé la cause. Quand une administration écrit noir sur blanc que le durcissement vient des passeports dorés, elle ne vise pas un abus ponctuel, elle établit une doctrine. Et une doctrine, ça s’étend d’un pays à l’autre.


Ta situation mérite une vraie stratégie

Un article te donne la carte, il ne te donne pas ton itinéraire. Le bon programme et la bonne combinaison dépendent de ton activité, de ta résidence fiscale actuelle, de tes déplacements réels et de ce que tu cherches à sécuriser : la mobilité, le patrimoine ou la fiscalité. Un passeport pris pour de mauvaises raisons coûte cher et ne protège rien, et un résident fiscal français qui bouge sans structurer se met en risque au lieu de se couvrir. Un appel permet de poser ta situation, d’écarter les programmes qui ne tiendront pas et de bâtir une stratégie qui résiste à l’administration comme au calendrier de 2028.


Le sans jamais y mettre les pieds est en train de mourir

L’argument historique de ces programmes tenait en une phrase : tu paies, tu signes, tu reçois, tu ne viens jamais. Cet argument se durcit doucement mais partout, et c’est un signal aussi important que les retraits de visas. Un pays qui exige ta présence physique est un pays qui prépare sa défense face à Bruxelles, Londres et Washington, en montrant qu’il vérifie qui il naturalise.

  • Antigua-et-Barbuda : présence de 5 jours sur 5 ans aujourd’hui, avec une loi en cours pour passer à 30 jours.
  • Dominique : depuis juin 2026, il faut venir chercher son passeport sur place.
  • Vanuatu : biométrie en présentiel obligatoire depuis juillet 2025.
  • Saint-Kitts-et-Nevis : fast track supprimé depuis 2023, puis biométrie et entretien obligatoires depuis avril 2026.

Chacune de ces exigences est mineure prise isolément. Mises bout à bout, elles racontent la même histoire : le produit se complexifie, les délais s’allongent et le confort qu’on achetait hier n’existe plus. Reste alors la seule question qui compte vraiment quand on compare les programmes aujourd’hui.

Quels programmes tiennent encore le sans visa Schengen ?

Tous les programmes ne prennent pas les coups au même endroit, et c’est précisément ce qui différencie un achat intelligent d’un achat de brochure. La Grenade est aujourd’hui le programme le moins attaqué : Schengen intact, Royaume-Uni intact. À l’autre bout, Sao Tomé-et-Principe n’a qu’une seule année de recul et n’a jamais eu ni Schengen ni le Royaume-Uni, ce qui change complètement la nature de ce que tu achètes. Entre les deux, tu retrouves les programmes qui ont déjà perdu une porte et qui négocient leur survie sous le calendrier de 2028.

Comparer un passeport doré Schengen à un autre revient donc à comparer trois choses : ce qu’il ouvre aujourd’hui, ce qu’il a déjà perdu et à quel point son émetteur est exposé. Un document à 155 destinations qui vient de perdre Londres est un actif en baisse. Un document plus modeste mais intact est un actif stable. Le chiffre brut de la brochure ne te dit rien de la trajectoire.

Pourquoi 2028 est une mauvaise date pour s’y mettre

La position est simple et elle ne plaît pas à tout le monde : une assurance se prend quand tout va bien, jamais quand tout va mal. Le jour où ton passeport devient un problème, il est déjà trop tard pour en acheter un autre. Ceux qui attendront 2028 pour se décider chercheront une solution au moment exact où les prix montent, où les dossiers s’empilent, où les conditions se durcissent et où les programmes encore debout deviennent sélectifs.

Ce n’est pas de l’urgence commerciale, c’est de la lecture de calendrier. Le mécanisme européen est en place depuis décembre 2025, l’ultimatum est posé depuis juin 2026, les retraits britanniques et américains sont déjà actés et les exigences de présence physique s’ajoutent les unes aux autres. Rien dans cette liste ne va dans le sens d’un assouplissement. Les conditions d’aujourd’hui sont sûrement les plus souples que tu verras.

Retiens trois choses. Un passeport acheté est un actif géopolitique qui se déprécie, et le Vanuatu prouve que la dépréciation peut être totale et définitive. Les portes ne se ferment pas seulement à Bruxelles : Londres et Washington bougent en parallèle, sur leur propre calendrier. Et l’écart entre un programme intact comme la Grenade et un programme déjà amputé ne se lit pas sur le nombre de destinations, il se lit sur ce qui a déjà été retiré. Si le sujet t’intéresse, il se traite maintenant, pas en 2028. La vidéo déroule la chronologie complète, programme par programme, si tu veux le détail avant de décider.

Quentin
Quentin

Fiscalité internationale & structuration business pour entrepreneurs.

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