Un entrepreneur résident fiscal français monte une société à Dubaï, attiré par un impôt sur les sociétés à 0 %. Un autre choisit l’île Maurice, où sa société paie 15 % d’IS. Sur 100 000 € de bénéfices distribués, le second garde plus d’argent en poche que le premier. Ce n’est pas une anomalie, c’est mécanique : le taux d’IS affiché à l’étranger ne dit jamais ce qu’il te reste vraiment, parce que tout se joue sur la flat tax dividendes société étrangère et sur la convention fiscale signée entre la France et le pays de ta structure.
Depuis le 1er janvier 2026, cette flat tax est passée à 31,4 %. Selon la convention, tu la prends en entier ou tu la neutralises presque intégralement grâce à un crédit d’impôt. Et c’est précisément ce qui fait qu’une structure mauricienne bat Dubaï et Andorre sur le net, chiffres à l’appui.
Quentin affiche le rescrit de l’administration fiscale à l’écran et déroule le comparatif à 100 000 € ligne par ligne, Émirats, Andorre et Maurice compris : regarde la vidéo pour voir les chiffres en direct.
Flat tax dividendes société étrangère : pourquoi le 0 % de Dubaï ne te protège de rien
La conclusion d’abord : tant que tu es résident fiscal français, tes dividendes sont imposés en France, quelle que soit la société qui les verse. L’IS étranger n’est que la première couche. La seconde, celle qui fait mal, c’est la flat tax sur les dividendes que tu perçois personnellement.
Depuis le 1er janvier 2026, cette flat tax est de 31,4 %, contre 30 % auparavant, sauf option pour le barème progressif. Elle se décompose ainsi :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu ;
- 18,6 % de prélèvements sociaux.
Avec une société aux Émirats arabes unis, la convention fiscale avec la France prévoit que les dividendes sont imposables uniquement en France, sans aucun crédit d’impôt. Tu prends donc les 31,4 % en entier. Le 0 % d’IS de Dubaï ne fait qu’une chose : il laisse 100 % du bénéfice disponible pour être taxé à 31,4 % chez toi. Même logique avec Andorre : 10 % d’IS sur place, aucune retenue à la source, mais aucun crédit d’impôt en France non plus. Donc l’IS andorran s’ajoute à la flat tax au lieu de s’en déduire.
Le piège est là : beaucoup d’entrepreneurs raisonnent sur le taux d’IS et oublient que la vraie variable est le traitement conventionnel des dividendes. Et c’est exactement sur ce point que Maurice change la donne.
🇲🇺 Comment la convention France / Maurice ramène la flat tax dividendes société étrangère à 6,4 %
La convention fiscale entre la France et l’île Maurice prévoit un crédit d’impôt de 25 % du montant brut des dividendes perçus, même si Maurice n’a rien prélevé. Ce n’est pas une tolérance, c’est un texte conventionnel : le crédit existe indépendamment de toute retenue à la source mauricienne.
Le calcul tient en une ligne : 31,4 % de flat tax moins 25 % de crédit d’impôt, soit 6,4 % d’imposition effective sur tes dividendes, en restant résident fiscal français. À l’époque de la flat tax à 30 %, on était à 5 %. La hausse de 2026 n’a donc pas cassé le mécanisme, elle l’a seulement décalé de 1,4 point.
La question que tout le monde pose ensuite : le crédit s’impute-t-il sur toute la flat tax ou seulement sur les 12,8 % d’impôt sur le revenu ? Un rescrit, réponse écrite et officielle de l’administration fiscale française, tranche : le crédit d’impôt s’applique sur la totalité de la flat tax, prélèvements sociaux inclus. Ce document est ce qui distingue une stratégie sécurisée d’un pari sur une lecture favorable des textes.
Trois éléments à retenir sur la sortie des dividendes d’une société mauricienne :
- aucune retenue à la source à Maurice, convention fiscale ou non ;
- les dividendes sont imposés uniquement là où tu es résident fiscal ;
- le crédit de 25 % joue même sans prélèvement mauricien, ce qui donne 6,4 % net pour un résident fiscal français.
Reste à poser les vrais chiffres côte à côte, parce que c’est là que l’écart devient concret.
Ta situation mérite une vraie stratégie
Le bon montage dépend de ton activité, de ta résidence fiscale et de la façon dont ta société est réellement dirigée. Un article te montre le mécanisme, il ne peut pas te dire si une structure mauricienne, ou une autre, tient dans ton cas précis face au fisc. En appel, on regarde ta situation, on identifie la stratégie adaptée et on la sécurise avant que la France ne vienne te réclamer ce que tu pensais avoir économisé.
🇦🇪 🇦🇩 🇲🇺 Le comparatif à 100 000 € : Émirats, Andorre et Maurice ligne par ligne
Le profil est volontairement simple : un entrepreneur résident fiscal français, une société réellement dirigée depuis l’étranger, 100 000 € de bénéfices intégralement distribués en dividendes. Sur ce profil, Dubaï est le pire des quatre scénarios et la GBC mauricienne le meilleur.
- Émirats arabes unis : IS 0 %, 100 000 € de dividendes, flat tax 31 400 €. Total d’impôt 31 400 €, reste en poche 68 600 €.
- Andorre : IS 10 % soit 10 000 €, 90 000 € de dividendes, aucune retenue à la source, aucun crédit d’impôt en France, flat tax 28 260 €. Total d’impôt 38 260 €, reste en poche 61 740 €.
- Domestic Company mauricienne : IS 15 % soit 15 000 €, 85 000 € de dividendes à 6,4 % soit 5 440 €. Total d’impôt 20 440 €.
- GBC mauricienne : IS 3 % soit 3 000 €, 97 000 € de dividendes à 6,4 % soit 6 208 €. Total d’impôt 9 208 €, reste en poche 90 792 €.
Lis bien la ligne Andorre : avec 10 % d’IS, tu paies plus qu’à Dubaï avec 0 %, parce que l’IS andorran vient s’empiler sur une flat tax que rien ne réduit. Et lis la ligne Domestic Company : 15 % d’IS, le taux le plus élevé du tableau, et pourtant 20 440 € d’impôt contre 31 400 € aux Émirats. Le taux d’IS n’est pas la variable qui compte, le crédit d’impôt conventionnel l’est.
Le résultat le plus brutal du comparatif : Dubaï à 0 % d’IS coûte plus de trois fois plus d’impôt que la GBC mauricienne pour le même profil, 31 400 € contre 9 208 €. Sur un seul exercice, c’est plus de 22 000 € d’écart. Sur dix ans, c’est le prix d’une croyance fausse. Ce constat ouvre une question plus large que la fiscalité : où as-tu réellement envie de vivre ?
Vivre où tu veux plutôt que là où l’impôt te bloque
La position de Quentin est nette : va vivre là où tu as envie de vivre avec 3, 5, 10, 15 voire 20 % d’impôt, plutôt que d’être bloqué à Andorre, à Dubaï ou en Bulgarie dans un pays qui ne te plaît pas. Un environnement que tu subis freine tes placements et ton activité, donc il te coûte plus cher que quelques points d’imposition. L’optimisation fiscale qui t’enferme n’a aucun intérêt.
Pour un résident fiscal français avec une structure mauricienne, la taxation totale va de 6,4 % à 20,4 % maximum, avec des cas à 0 % d’IS possibles selon la configuration. Cette fourchette laisse la liberté de choisir sa résidence pour de bonnes raisons, pas seulement fiscales.
Réserve indispensable, et elle n’est pas décorative. Ce comparatif vaut sous certaines conditions :
- jamais pour une activité pilotée depuis la France ;
- jamais avec un établissement stable en France ;
- toujours avec une société réellement dirigée depuis l’étranger, comme dans le profil du comparatif.
Une société mauricienne gérée depuis ton salon à Lyon n’est pas une société mauricienne aux yeux du fisc, et le 6,4 % s’évapore avec elle. La stratégie se construit au cas par cas, en fonction de ton activité, de ta résidence et de la substance que tu peux réellement mettre à l’étranger.
Ce qu’il faut retenir avant de choisir ta juridiction
Le taux d’IS étranger est un leurre si tu restes résident fiscal français : ce qui décide de ton net, c’est la flat tax dividendes société étrangère de 31,4 % et ce que la convention fiscale en fait. Aux Émirats et en Andorre, aucun crédit d’impôt, donc la flat tax en entier. À Maurice, un crédit conventionnel de 25 %, confirmé par rescrit sur la totalité de la flat tax, ramène l’imposition des dividendes à 6,4 %.
Sur 100 000 € distribués, cela fait 31 400 € d’impôt à Dubaï, 38 260 € en Andorre, 20 440 € avec une Domestic Company et 9 208 € avec une GBC mauricienne. Avant de signer quoi que ce soit, regarde la convention avant le taux, la substance avant le montage, et ta vie avant l’impôt. Les chiffres détaillés, rescrit à l’écran, sont dans la vidéo.

