Deux entrepreneurs, résidents fiscaux français tous les deux, décident la même année de créer une société à l’île Maurice. Même île, même type d’activité, mêmes 100 000 € de bénéfices à la fin de l’exercice. Le premier paie environ 20 000 € d’impôt. Le second en paie 9 000. Aucun des deux n’a fraudé, aucun des deux n’a déniché une faille. La différence tient à une seule case cochée le jour de la création : Domestic Company, Authorized Company ou GBC. Et la plupart des gens cochent cette case sans même savoir qu’une décision est en train de se prendre.
Cet article te donne le seul critère qui compte pour trancher entre les trois structures mauriciennes, les cas à 3 % et à 0 % dont presque personne ne parle et le piège qui revient en consultation toutes les semaines : choisir sur le taux affiché, puis payer la facture.
Dans la vidéo, Quentin détaille à l’écran les cas à 3 % et 0 % de la Domestic Company et explique pourquoi il écarte l’Authorized Company dans 99 % des dossiers : regarde-la avant de choisir ta structure.
🇲🇺 Créer une société à l’île Maurice : ce que les trois structures ont en commun
Avant de comparer, pose le socle. Quelle que soit la structure retenue, créer une société à l’île Maurice te donne le même cadre de base, et ce cadre explique à lui seul pourquoi l’île attire autant d’entrepreneurs et d’investisseurs francophones.
- 0 % d’impôt sur les plus-values de placement et de cession : ETF, actions, crypto, obligations, parts de société, succession.
- Aucune retenue à la source sur les dividendes, qu’une convention fiscale s’applique ou non.
- Des frais internationaux déductibles dans un cadre flexible.
- Des coûts administratifs légers, comptabilité comprise.
Une exclusion nette pour ne pas te raconter d’histoires : l’immobilier reste imposé là où il se trouve. Une plus-value sur un appartement en France se règle en France, société mauricienne ou pas. Ce point fait partie du socle commun, donc il ne départage rien.
Si tout cela est identique dans les trois cas, qu’est-ce qui sépare réellement une Domestic, une Authorized et une GBC ? Deux choses, et seulement deux.
Domestic, Authorized ou GBC : le seul vrai critère de départage
Ce qui sépare les trois structures, c’est l’impôt sur les bénéfices et l’accès aux conventions fiscales. Tout le reste est du bruit. Et tu vas voir que ces deux critères se lisent ensemble : un taux magnifique sans convention peut coûter beaucoup plus cher qu’un taux banal avec convention.
🇲🇺 Domestic Company : 15 % affichés, mais des cas à 3 % et à 0 %
La Domestic Company est la structure la plus fréquente, la moins chère et la plus flexible. De prime abord, elle affiche 15 % d’impôt sur les sociétés et, surtout, les conventions fiscales internationales lui sont applicables. C’est ce dernier point qui en fait la structure par défaut pour beaucoup de dossiers. Mais le 15 % n’est pas une fatalité, et c’est là que ça devient intéressant :
- 3 % sur l’achat-revente de produits physiques qui ne transitent pas par Maurice (e-commerce, dropshipping).
- 3 % sur les dividendes remontés de sociétés étrangères, en usage holding.
- 0 % sur certaines activités seulement, une liste que Quentin a demandée au gouvernement mauricien, plafonné aujourd’hui à 180 000 € de chiffre d’affaires. Presque personne n’en parle.
Donc la structure « banale » à 15 % peut, selon ton activité, descendre bien plus bas, tout en gardant l’accès aux conventions. Garde cette idée en tête au moment de lire la suivante.
Authorized Company : le 0 % qui peut te coûter le plus cher
Sur le papier, l’Authorized Company gagne tout : 0 % d’IS, 0 % sur les dividendes, 0 % sur les plus-values. Mais c’est une vraie société offshore, avec tout ce que ça implique. Les conventions fiscales ne s’appliquent pas, la société n’est pas forcément reconnue par l’État mauricien lui-même et elle est traitée comme une société de personnes imposée dans le pays depuis lequel tu la contrôles. Autrement dit, si tu la pilotes depuis la France, c’est la France qui l’impose.
C’est exactement le même combat que les LLC américaines et les LLP anglaises, et l’issue est connue :
- Au mieux, imposition sur le revenu dans ton pays de résidence.
- Au pire, IR plus cotisations sociales.
- Et si le montage est découvert après coup, pénalités et redressement.
Quentin n’utilise l’Authorized Company que dans environ 1 % des cas, et jamais seule. Le 0 % affiché n’a, pour un résident fiscal français, aucun intérêt en tant que tel.
GBC : 3 % d’IS, le véhicule des gros bénéfices
La Global Business Company affiche 3 % d’impôt sur les sociétés. Ce chiffre n’est pas un taux à part : c’est le 15 % exonéré à 80 %. Les conventions fiscales lui sont applicables, ce qui la place dans la même famille que la Domestic, avec un taux divisé par cinq. Le prix à payer se situe ailleurs, et Quentin la juge avantageuse à partir de 200 000 à 300 000 € de bénéfices. De bénéfices, pas de chiffre d’affaires : la nuance change tout pour une activité à faible marge.
Tu as maintenant les trois cartes en main. Reste à savoir laquelle jouer, et ça ne dépend pas de l’île.
Ta situation mérite une vraie stratégie
Domestic, Authorized ou GBC : la bonne réponse dépend de ta résidence fiscale, de ton activité et de la façon dont tu la contrôles réellement. Un article te donne les leviers et les pièges, mais il ne peut pas trancher pour toi, et une structure choisie sur un taux affiché se paie des années plus tard, redressement compris. En appel, on regarde ton cas précis et on construit une stratégie qui tient face au fisc.
🇫🇷 Résident fiscal français : pourquoi le taux affiché te ment
La règle tient en deux temps, dans cet ordre, et l’ordre n’est pas négociable :
- D’abord, où es-tu résident fiscal ? C’est ce pays qui a le premier mot sur tes revenus, pas Maurice.
- Ensuite, existe-t-il une convention fiscale entre ce pays et Maurice, et ta structure y a-t-elle accès ?
Pour un résident fiscal français, le tableau se lit donc ainsi : Domestic Company à 15 %, GBC à 3 %, Authorized Company écartée. Le 0 % de l’Authorized disparaît du choix, non pas parce qu’il est faux, mais parce que sans convention, la France reprend la main et impose la société comme si elle n’existait pas.
Reviens aux deux entrepreneurs du début. L’un a choisi sa structure sur le taux affiché. L’autre a d’abord regardé sa résidence fiscale, puis la convention, et seulement ensuite le taux. Même île, mêmes 100 000 € de bénéfices : environ 20 000 € d’impôt d’un côté, 9 000 € de l’autre. C’est le piège que Quentin voit en consultation toutes les semaines, et il se referme toujours de la même manière : la décision est prise le jour de la création, la facture arrive après.
Pour qui créer une société à l’île Maurice a du sens, et pour qui ça n’a aucun intérêt
Le montage mauricien n’est pas fait pour tout le monde, et le dire clairement évite des dossiers qui finissent en redressement. Il est fait pour des profils précis :
- Les expatriés et les nomades digitaux.
- Une activité internationale ou en ligne réellement contrôlée depuis l’étranger.
- Les investisseurs, qui profitent pleinement du 0 % sur les plus-values de placement et de cession.
À l’inverse, si tu as un établissement stable en France au sens des conventions fiscales (un bureau, une usine, un atelier), ou une activité en ligne pilotée depuis la France, ce n’est ni intéressant ni légalement possible : imposition en France et pénalités potentielles à la clé. Aucune des trois structures ne change cette réalité, et une Authorized à 0 % encore moins que les autres.
Pour ceux qui rentrent dans le cadre, la fourchette annoncée par Quentin est de 3 à 19 % d’impôt maximum, peu importe où tu vis dans le monde. Mais ce résultat ne sort pas d’une structure isolée : Quentin utilise entre six et sept types de structures différentes selon la situation, et le choix se fait au cas par cas. Une stratégie copiée sur celle du voisin ne protège rien.
Ce qu’il faut retenir avant de cocher la case
Les trois structures mauriciennes partagent le même socle : 0 % sur les plus-values de placement, aucune retenue à la source sur les dividendes, des frais déductibles et une administration légère. Ce qui les sépare tient en deux critères, l’impôt sur les bénéfices et l’accès aux conventions fiscales. La Domestic à 15 % cache des cas à 3 % et à 0 %, la GBC à 3 % se réserve aux gros bénéfices et l’Authorized à 0 % n’est, pour un résident fiscal français, qu’une société de personnes imposée en France.
Donc, avant de créer une société à l’île Maurice, pose les questions dans le bon ordre : ta résidence fiscale, puis la convention, puis seulement le taux. C’est la différence entre 20 000 € et 9 000 € d’impôt sur les mêmes bénéfices. La vidéo te montre les cas concrets à l’écran ; ta décision, elle, se prend sur ton dossier et sur rien d’autre.

